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Origine du judo au Japon

 


 
Le fondateur du Judo était Maître Jigoro KANO (1860-1938).

Jigoro Kano commença par l'étude du Ju-Jutsu à l'âge de 17 ans. Pour cela, il s'entraina avec beaucoup de conviction à l'école de Maître FUKUDA.
De cette discipline et de l'étude d'écrits d'anciens maîtres d'arts martiaux, Jigoro Kano voulu créer sa propre méthode. Ce fut en février 1882 qu'il fonda son école dans un petit temple de Tokyõ. Il appela sa méthode le Judo. Son ryu était quant à lui nommé KodoKan; cela signifie "L'institut du Grand Principe".
Jigoro Kano s'inspira du Ju Jutsu pour créer le Judo. Le Ju Jutsu était un art qui remonte loin dans l'histoire du Japon. On en retrouve des traces dans de vieux écrits du VIII siècle.
L'évolution que Jigoro Kano a donné au Ju Jutsu en créant le Judo était essentiellement une idéologie. La signification de Judo par ses deux idéogrammes "Ju" et "Do" représentait bien cette philosophie que voulait enseigner son fondateur. Le "Ju" signifie la "voie". Cela représente une recherche et une étude d'une discipline. Le "Do" implique la notion de souplesse. Cet aspect concerne aussi bien une souplesse physique que morale. C'est cette harmonie du corps et de l'esprit que Jigoro Kano voulut faire ressortir dans son enseignement. Alors que "Jutsu" qui signifiait technique, Jigoro Kano voulu apporter la notion de spiritualité. Pour Jigoro Kano l'efficacité était l'équilibre entre l'esprit et le corps.
Outre cette mentalité différente, Jigoro Kano organisa son travail autour d'une codification de son art. C'est ainsi qu'il créa le gokyo et les ukémi.

Sa vie durant, Jigoro Kano s'efforça de faire connaître le Judo. Son dojo alors que peu fréquenté à ses débuts, devint vite pris d'un grand intérêt par de nombreux japonais. Cet engouement des japonais pour cette discipline en fit une discipline nationale. Dès 1905, les universités puis les écoles enseignèrent le Judo.

Malgrès quelques tentatives le Judo commenca réellement à susciter un intérêt en France au début des années trente. C'est le Maître Mikinosuke Kawaishi qui dynamisa l'implantation du Judo en France. Il imposa sa méthode. Celle-ci se voulait plus adaptée à l'esprit occidental. De plus, Maître Kawaishi créa les ceintures de couleur pour différencier les différents niveaux entre le débutant et la ceinture noire. Cette idée eut un franc succès.
Le Judo, alors pratiqué hors du pays du Soleil Levant, perdit un peu de la valeur que Jigoro Kano avait enseignée à de nombreux disciples: l'harmonie du corps et de l'esprit. Le Judo était devenu un sport et sa notion de spiritualité s'effaçait peu à peu.

Le Judo connu une forte croissance malgré les divergences d'opinions entre différents organismes qui s'étaient créés, tel que la F.F.J.D.A. (Fédération Française de Judo et Disciplines Assimilées) et le Collège National des Ceintures Noires.

En 1972, le Judo devint une discipline olympique.

Aujourd'hui le Judo est pratiqué partout dans le monde.

Aperçu historique du judo

    Au Japon, le Ju-Jutsu était presqu'exclusivement pratiqué par la classe des guerriers. La caste des Chevaliers Samouraïs avait seul le privilège de porter deux épées, l'une courte, l'autre longue. Si au cours d'un combat le Samouraï était désarmé, il lui fallait poursuivre la lutte à mains nues. L'art des combats à épée et à mains nues était enseigné aux Samouraïs dans des écoles. C'est cet art du combat à mains nues, que devait naître plus tard du Ju-Jitsu.

    L'année 1868 signifiait la fin de la période féodale au Japon. Les autorités interdirent aux Samouraïs le port des armes. Les écoles qui enseignaient les arts de la guerre ne reçurent dorénavant plus de subventions. Les maîtres du Ju-Jistu se virent contraints d'enseigner à tous ceux qui daignaient les payer.

Le Maître Jigoro Kano... un traditionaliste réformateur.

Jigoro Kano, futur fondateur du Judo, nait le 28 Octobre 1860 dans le village de Mikage situé dans la préfecture de Hyogo près de Kobe. Il est le troisième fils de Jirosaku Mareshiba Kano, intendant naval du shogunat Tokugawa.

Son père, issu d’une ancienne famille de Samuraï ayant conquis ses quartiers de noblesse sur le champ de bataille, est directement au service du clan le plus puissant du Japon, issu de la branche des Minamoto. Ce clan, à la suite d’un coup d’état en 1615, conquiert le pouvoir qu’il conservera jusqu’en 1867, date de l’effondrement de la société féodale nippone et de la restauration de l’autorité du Trône Impérial sous la dénomination de l’ère de Meiji.

Le jeune Jigoro Kano est ainsi issu d’une caste très privilégiée et passe les premières années de sa vie dans un environnement très traditionaliste baigné dans le sacro-saint respect du Bushido, le " Code d’Honneur des Samuraïs ", et de l’étiquette rigide du savoir vivre médiéval.
A cette époque Tokyo porte encore de nom de Edo, ou Yedo, et les Samuraïs (terme venant de Saburu : servir) au service du Shogun, intendant militaire général, se doivent de porter le Hakama (jupe-pantalon) ainsi que les deux sabres, katana et wakisashi, à la ceinture. Bien placé pour sentir le vent tourné, le père de Jigoro Kano oriente celui-ci vers des études littéraires fortement occidentalisées.
Brillant élève, bien que petit et malingre, à vingt ans il ne pèsera que 45kg pour 1m50, il entre à l’Université Impériale de Tokyo en 1877. Sur les conseils avisés de son père il s’habille chez un tailleur anglais et se passionne pour les sports occidentaux.
En 1878 il fonde le premier club de base-ball au Japon ! Toujours aussi brillant et fier comme un coq il est, par contre, souvent victime de la jalousie de certains universitaires qui profitent de sa petite taille pour l’importuner et le malmener. En secret il prend donc la décision de recourir au fameux Jujutsu. Il se souvient en effet que jadis, lorsqu’il était enfant, il a assisté à des démonstrations de cet art lorsqu’il se rendait avec son père chez le Shogun. Malheureusement, depuis cette époque, cette pratique est totalement tombée en désuétude. Inouye Kaoru, ministre des affaires étrangères de l’Empereur Meiji Mutsu Hito, ne vient-il pas de déclarer " Faisons de notre pays une puissance à l’occidentale, faisons de notre population un peuple à l’occidentale, faisons du Japon un Empire à l’occidentale...  ".

Il ne reste que peu de place pour des pratiques ancestrales considérées comme rétrogrades sinon passéistes. A force de patience il parvient malgré tout à découvrir, dans Tokyo, deux Maîtres jadis renommés : Hachinosuke Masayoshi Fukuda, professeur de l’Ecole Tenjin Shinyo-ryu et Tsunetoshi Ikubo, professeur de l’Ecole Kito-ryu. Parallèlement à ses études, le jeune Kano entreprend donc la pratique assidue de cet " Art des saisies souples " et, suivant ses enseignants tant universitaires que martiaux, fait d’immenses progrès.
Au bout de quelques mois il acquiert le surnom de " Kano l’emplâtre " tant à cause des divers pansements qu’il porte aux coudes et aux genoux, usés par le travail sur les tapis de paille, qu’à sa capacité exceptionnelle de " coller " à ses éventuels agresseurs après les avoir projeté au sol.
Ces derniers se le tiennent pour dit et conservent désormais une distance respectueuse. Il faut dire que trois fois de suite celui qui était venu lui chercher noise s’était retrouvé immobilisé au sol, rendu totalement inoffensif par une prise redoutable. L’humiliation était d’autant plus grande que ceci se faisait en douceur sans que l’on puisse par la suite constater la moindre blessure ou la moindre déchirure de vêtement. Kano méritait donc bien son surnom peu respectueux mais au combien explicite.

Par la suite, à cause du décès de Fukuda, il devint alors le disciple direct de Masachi Iso qui détenait ses secrets de Mataemon Iso, fondateur de l’Ecole Tenjin Shinyo-ryu. Cette nouvelle passion ne l’empêcha pas d’obtenir sa licence de lettres en 1881 ainsi qu’un doctorat de sciences esthétiques et morales en juillet 1882. Cette année lui fut particulièrement favorable puisqu’il fut immédiatement nommé Instructeur subalterne à la fameuse Ecole Gokushuin réservée aux Nobles et Princes du Japon... et qu’elle est également celle où il décida de créer sa propre méthode de Jujutsu.
A l’université, il s’était lié d’amitié avec deux fils de bonne famille : Takaaki Kato, futur premier ministre et Kumazo Tsuboi, futur doyen de cette même faculté. Les ayant mis au fait de son projet, bien que ceux-ci ne s’intéressaient nullement au Jujutsu, ils intervinrent pour que celui-ci puisse obtenir un lieu de pratique au Temple Eishoji à Tokyo.
En février 1882, Jigoro Kano réalise donc son rêve et crée le Kodokan, littéralement " Maison où on étudie la Voie ". Il est alors secondé par son fidèle élève-domestique, Tsunejiro Tomita, avec lequel il s’entraînait dans une chambre qu’il avait à Saga-cho. A vrai dire, la situation ne pouvait plus durer en raison des nombreuses plaintes des voisins qui se plaignaient continuellement des chocs de chutes contre les murs et les parquets.

Dans l’enceinte du temple la pratique devint plus aisée et le jeune Maître Kano, qui avait alors 23 ans, put compter assez rapidement neuf élèves  : Tomita, Higashi, Nakajima, Matsuoka, Arima, Saigo, Amano et Kai...
La salle de pratique comptait alors douze tatamis soit une surface à peu près égale à 24 m2. Afin de mieux faire connaître son école de synthèse il eut le génie, le 5 Juin 1882, de la baptiser " Judo ", la Voie de la Souplesse...

Le suffixe Do, se traduisant en chinois par Tao, était alors encore utilisé pour des arts renommés tels que le Chado (Voie du Thé), le Syodo (Calligraphie), le Kado (Art de l’arrangement floral), le Ido (Voie de la médecine classique)... et donnait une toute autre dimension que le terme Jutsu désignant une simple technique ou une méthode...
On jugea le jeune homme quelque peu présomptueux et nombreux furent ceux, même parmi ses propres élèves, qui persistèrent un moment à nommer sa méthode plus simplement " Kano-ryu " (Ecole Kano).
Au tout début Kano eut de grandes difficultés à entretenir son Ecole...
Ses honoraires d’enseignant n’y suffisant plus il fut contraint d’organiser des conférences pendant lesquelles il vendait des livres occidentaux sur l’économie. Tomita, toujours fidèle, se chargeait de la lessive et de la cuisine ainsi que des cotisations, fort modestes.
Heureusement, la chance sourit à Kano en la personne de Yajiro Shinaga, sous-chef au ministère du commerce et de l’agriculture, un ancien confrère d’université, qui lui demanda le service de nourrir un vieillard qui habitait près du Temple Eishoji. Le jeune homme accepta cette charge supplémentaire.

Ce vieillard était Shosuke Shirai, un noble très connu de l’ancienne période shogunale qui avait conservé d’excellentes relations avec plusieurs personnages influents et hauts en couleurs. Par pudeur il évitait simplement de parler de ses problèmes pécuniaires et prétendait avoir besoin de calme pour écrire ses mémoires à l’écart de l’agitation de la Cour Impériale. Il passait donc ses journées dans une simple chambre meublée à la japonaise... c’est à dire totalement dénudée de superflu.
Il prit donc, en quelque sorte, le jeune Kano sous sa protection morale et le considéra assez rapidement comme son fils adoptif, coutume assez commune au Japon. Shirai était un érudit passionné par les civilisations étrangères et parlait tout aussi bien l’allemand, le hollandais, le français, l’anglais que le chinois...
Il était également féru de stratégie et adepte de Sun Tzu (Sunzi). De nombreuses personnalités venaient lui rendre visite pour lui demander conseil dans leurs affaires politiques et économiques. Assez rapidement Kano rencontra donc la fine fleur de l’intelligentsia japonaise comme Kaishu Katsu, Shoin Yoshida, Yajiro Shinagawa, Kanki Miura, Yashushi Nomura. Il fit peu à peu office de secrétaire particulier de Shirai et, bien souvent, les véhicules de ministres ou de hauts fonctionnaires se mirent à stationner devant le Temple Eishoji. Les voisins en conclurent qu’ils venaient pratiquer le Judo !
Ce remue ménage dérangeait quelque peu l’organisation du Temple et le dojo devenait trop exigu et Kano décida de déménager. Ses nouveaux appuis lui permirent de louer une maison située à Ue Ni Bancho dans le quartier plus résidentiel de Kojimachiku. Le Dojo comprenait alors 24 tatamis (50 m2) et une estrade surélevée pour recevoir des invités à qui on offrait le thé. Cette estrade, conçue par Kano sur des indications de Shirai, comprenait même une partie réservée aux invités d’honneur et équipée de coussins.

Plusieurs hautes personnalités firent assez rapidement honneur au lieu et assistèrent aux cours donnés par le jeune Maître avec un grand intérêt. En 1883 Kano hérita des documents secrets (Himitsu) du Kito Ryu et en 1884 ouvrit le premier " Livre des Serments "* qui était également le relevé des admissions officielles au Kodokan. Le terme Judo, qui fut également utilisé jadis par l’Ecole de Jujutsu Jikishin-ryu fut, par la même occasion, déposé à l’Institut du Ministère de l’Education Nationale et devint officiellement reconnu. Kano, toujours grâce aux appuis de Shirai, trouva un poste d’attaché au Ministère de la Maison Impériale.
Un an plus tard il obtint le titre envié de fonctionnaire de septième rang impérial. Cette distinction honorifique distinguait les hauts fonctionnaires et leur permettait d’obtenir des audiences auprès de l’Empereur. Après avoir grimpé tous les échelons de cette hiérarchie Jigoro Kano obtiendra successivement le sixième rang en 1886, le cinquième en 1895, le quatrième en 1905, le troisième en 1916 et le second, à titre posthume, en mai 1938.
Lorsqu’il prendra sa retraite, en janvier 1920, l’Empereur lui-même signera le décret qui le fera Baron Kano... entre-temps il sera devenu vice-président de l’Ecole Gokushuin, réservée aux Nobles et Princes du Japon, conseiller au Ministère de l’Education Nationale, secrétaire du Ministre de l’Education Nationale, Doyen de l’Ecole Normale Supérieure, Directeur du département de l’Education Elémentaire au Ministère de l’Education Nationale...
Ces diverses fonctions lui permirent d’affermir l’influence du Judo et de faire connaître celui-ci lors de plusieurs voyages en Europe ( de août 1889 à janvier 1891, de juin 1912 à mars 1913) et en Asie.

Par la suite, les membres du Kodokan étant de plus en plus nombreux, le Dojo déménagera plusieurs fois.
En 1886 le Dojo Hachitani Magoruko comptera plus de 100 tatamis, le Dojo de Shimotomizaka en comptera 200, en 1889 celui de Fujimi-Cho en comptera 1000 pour aboutir au dernier Kodokan, inauguré en 1958, équipé de plus de 2000 tatamis...
A la mort du Maître Kano, en 1938, le Judo était fort de 85000 ceintures noires.

Le fondateur du Judo a toujours réussi le tour de force, ou de souplesse, de concilier deux cultures aussi différentes, sinon contradictoires, que celle issue de la tradition japonaise avec celle de l’occident moderne.
Cette position lui permit, à plus haut niveau, de conserver d’excellentes relations tant avec le milieu ultra-conservateur qu’avec les progressistes les plus acharnés. Il fut, par exemple, tout aussi influencé par les idées de Shoin Yoshida, personnage important qui fut conseiller du clan Tokugawa, donc de l’ancien régime féodal, que par Ernest Fellosa, professeur à l’Université d’Harvard qui vécut au Japon de 1878 à 1890 et que le Maître Kano rencontrait régulièrement et qui lui fit connaître les théories du célèbre économiste américain F.W. Taylor.
Les principes de ce dernier sur la recherche fondamentale de l’efficacité dans le travail furent parfois repris par Kano lors de ses conférences. Quelques faits significatifs étayent cette affirmation. En même temps que le Maître Kano débarrassait le Judo des anciennes prises, jugées trop dangereuses, du Jujutsu afin que sa pratique puisse être étendue à tous, donc devienne une discipline populaire, il créait parallèlement, au sein de son Kodokan, le Kobudo Kenkyukai (organisation pour la sauvegarde des anciens Arts Martiaux).

Cela permit à plusieurs Maîtres de disciplines très diverses comme le Jujutsu, le Iaïdo (sabre), le Jodo (bâton), le Kempo (Art des coups frappés d’origine chinoise) de maintenir leurs traditions et de trouver un lieu de pratique adapté à leurs besoins.
Il confia par ailleurs à l’un de ses anciens et membre de cette organisation, Minoru Mochizuki (que l’on retrouve bizarrement orthographié dans certains anciens documents français sous le nom de Minol Motiduki) (Illustration doc. Le Judo par Alcheik) le soin d’aller étudier l’Aikido du Maître Ueshiba. Le Maître Kano aurait, à cette occasion, affirmé, avec un certain regret, à Mochizuki " L’Aikido du Maître Ueshiba... voilà ma vision idéalisée du vrai Budo ! ".

D’autre part, bien que Jigoro Kano se soit toujours opposé de son vivant à la compétition sportive comportant des catégories de poids, il se démenait pourtant comme un beau diable pour que son Judo devienne une discipline olympique. Ayant assisté, en 1928, aux Jeux d’Amsterdam il n’aura de cesse, après être devenu le premier Japonais Membre du Comité Olympique International, de réaliser ce rêve. Il mourra sur le bateau qui le ramenait de la réunion du Comité Olympique International qui s’était tenue au Caire, en mai 1938, sans avoir obtenu satisfaction.
Le Judo ne deviendra discipline olympique à part entière qu’en 1972 après avoir été présenté, c’est la moindre des choses, aux Jeux de Tokyo. Toujours dans cet ordre d’idée, bien que le Maître Kano n’ait jamais cessé d’insister sur l’aspect moderne et progressiste du Judo, il n’en revêtait pas moins la grande tenue traditionnelle japonaise pour présenter, lui-même, son Kata préféré, le Koshiki No Kata (Kata Antique) issu de l’Ecole Kito-ryu. Suivant le Maître Kano, ce Kata avait été créé en 1658 par le Maître chinois Chin Gen Pin (aussi nommé Chen Yuan Ping, Kempin ou Gampin) arrivé au Japon en 1627 et qui aurait été à l’origine du Jujutsu Kito-ryu. Ce fait est, par ailleurs, attesté par les archives du Bujutsu Ryusoroku (Archives des fondateurs des diverses Ecoles).

De par ce fait, le Maître Kano affirmait son souhait de ne pas couper le Judo de ses lointaines origines... fussent-elles chinoises. Enfin, bien que cela ait été modifié plusieurs fois par la suite, les principes originels du Judo ont été structurés par le Maître Kano dans le plus pur respect de la tradition classique ésotérique issus de la conception chinoise taoïste... on retrouve, bien évidemment, le principe du Wu Wei (non-intervention) ainsi que celui de l'utilisation du minimum d’effort pour un maximum d’effet (Seiroku Zenyo en Japonais Shi Gong Ganbei en Chinois) ou utilisation rationnelle de l’énergie. Mais, ce qui est moins connu, est que le fondement technique du Judo est fondé sur le Gokyo (Cinq Principes) correspondant aux " Cinq Eléments " (Cinq Mouvements, Cinq Agents, Cinq Dynamismes... ) (Eau, Bois, Feu, Terre Métal) se combinant avec les Huit Energies Célestes (Huit Trigrammes).
Suivant cette tradition, les Cinq Eléments se manifestent sur terre tandis que les Huit Trigrammes proviennent de l’influence céleste.

Le Gokyo originel du Kodokan comprenait donc quarante techniques permettant tout simplement de relier l’Homme au Ciel (Ten) et à la Terre (Chi). Le principe Tenchi (Ciel/Terre), développé par Gigoro Kano, agissant dans l’Homme au travers des techniques corporelles utiles était donc omniprésent dans le Judo des origines.
Ce principe, considéré comme ésotérique (Himitsu) donna, par la suite, naissance au concept Shin (valeur morale, esprit, caractère correspondant au Ciel) Gi (valeur technique correspondant à l’Homme) Tai (valeur corporelle correspondant à la Terre) développé par le Collège des Ceintures Noires. Ce concept donna, enfin, naissance à l’autre maxime essentielle du Judo : Jita Kyoei...   " Entraide (ou respect) et Prospérité mutuelle "...
Le Ciel, l’Homme, la Terre agissent de concert dans le respect et la prospérité. Il est donc possible de prendre cette fameuse devise suivant plusieurs niveaux de compréhension mais il n’est pas certain que le Maître Kano se soit limité à la plus terre à terre.

Les deux devises du Judo " Seiroku Zenyo " et " Jita Kyoei ", choisies par le fondateur, ne laissent aucun doute sur son souhait le plus profond d’élévation spirituelle de son Art...
Parallèlement au développement sportif et populaire il désirait conserver une vocation hautement éducatrice au Judo.
Ce paradoxe ne lui a malheureusement que peu survécu et rares sont ceux qui, encore, transmettent cet héritage.

Le serment était celui-ci : " Je deviens disciple du Judo et je jure sur l’honneur de ne pas en cesser la pratique sans raison importante.
Je jure de ne rien faire qui puisse déshonorer le Judo.
Je jure de n’en pas dévoiler les secrets sauf autorisation spécifique.
Je jure de suivre toutes les règles régissant le Dojo pendant et après mon apprentissage et lorsque j’enseignerai à mon tour le Judo de jamais les violer. "

Il convenait de signer le document avec un pinceau trempé dans son propre sang.

 

Tout d'abord il faut faire une petite ébauche des idées préconçues pour ensuite en venir au Judo tel qu'il est:

Idées préconçues: 

    - Le Judo est un sport de combat tel la boxe, la lutte, ...

    - Le Judo est une mystérieuse méthode chinoise qui permet de terrasser son adversaire par          des prises très dangereuses.

    - Le Judo est une sorte de mafia

    - Le Judo est un entraînement du corps et de l'esprit comme le yoga

Comme vous pouvez le deviner aisément, le judo est tout autre. Le mot judo vient de "Ju" qui signifie souplesse et "Do" qui veut dire le chemin de la voie. Donc le judo est la voie de la souplesse, c'est-à-dire de la non résistance.

Le Judo moderne, c'est-à-dire de 1882 à aujourd'hui, vient du Ju-Jitsu qui date du XVIe siècle. Voici trois légendes expliquant chacune une des différentes sources possibles du Ju-Jitsu:

        Le cerisier et le saule

Le créateur était un médecin de l'époque qui avait su combiner diverses techniques de lutte chinoise, projections, luxations, coups pour amener ses patients à développer harmonieusement le corps de ses patients. Cependant, la maladie étant généralement trop forte, il se découragea et abandonna la médecine pour méditer. Après 100 jours de méditation, il sortit et il eut une illumination en voyant les branches d'un cerisier cassé sous la neige tandis que celles d'un saule se pliaient de façon à laisser tomber la neige. Il comprit alors qu'il ne faut pas résister à une attaque, mais plutôt céder, si on vous pousse, vous tirez, ce qui crée un déséquilibre chez l'opposant, ce qui vous est favorable.

        Le redoutable secret du moine chinois

En 1650, plus précisément à EDO (Tokyo de nos jours), il y avait Chen Young Ping qui enseignait la calligraphie et la philosophie aux riches Japonais de l'époque. Un soir, devant se mouvoir d'un point à l'autre dans la ville, il dut accepter l'escorte de trois samouraïs pour assurer sa sécurité. Bien entendu, une attaque survenue, très rapidement les samouraïs furent désarmés et durent engager le combat en corps à corps... À ce moment, Chen Young Ping, avec une rapidité foudroyante, mis en déroute les trois attaquants, ce qui effraya les autres. Les samouraïs impressionnés demandèrent que Chen young Ping leur enseigne son art. Il finit par accepter, cependant il les prit chacun individuellement et enseigna au premier les techniques de projection, au deuxième, les luxations et les étranglements et au troisième, les coups sur les organes vitaux.

        La vision de Takenuchi

Cette histoire parle de Takenuchi Hisamori qui excellait dans l'art du bâton (Jo-jitsu). Soucieux d'améliorer son art, il se retira dans un temple pour s'y donner corps et âme. Il pratiqua continuellement contre un arbre jusqu'à ce qu'il soit exténué, où il dut se reposer au pied de l'arbre. Il avait acquis une grande rapidité et perfection dans les mouvements. Pendant qu'il sommeillait, il eut une vision d'un moine qui lui dit qu'il augmenterait sa rapidité s'il utilisait un bâton plus court, et cet étranger lui montra cinq techniques d'immobilisation. L'homme ne mit pas de temps à appliquer ses recommandations. Il créa le Gokusoky "art de combattre en tenue légère", l'aïki-jitsu et le tam-bô. L'influence de ses derniers ont eu une influence indéniable sur le Ju-jitsu.

 

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